Bio ou pas bio ? Votre avis ?
Il s'agit de la question que les sondages du type Ipsos / La Redoute placent à toutes les sauces à l'attention de leur ménagère type, à l'affue de la valise RTL.
Pour ma part, je souhaiterais apporter mon point de vue sur les options qui se présentent à nous pour manger des produits de "qualité".
Le bio est une option mais loin d'être le saint graal.
Voici quelques explications de base sur les labels "bio".
Les labels certifiant de la qualité bio ne sont pas uniformes quelques soient les pays (ou continent) d'origine.
En France, nous avons le label bio AB (Agriculture Biologique) comme garant d'un minimum de 95% de produits d’origine agricole biologiques.
Je vous propose de parcourir le site du ministère de l'agriculture pour de plus amples détails (http://agriculture.gouv.fr/l-agriculture-biologique).
Depuis janvier 2009, le nouveau règlement bio européen impose à chacune des réglementations nationales de se calquer sur les mêmes exigences, des exigences
pourtant moins strictes que ce que proposait jusqu’à présent AB. Ainsi, le cahier des charges du label bio français AB et celui européen sont identiques, sans qu’il soit possible de renforcer
certains critères au vue des spécificités nationales (ex : AB imposait un seuil maximum de 0,1 % d’OGM dans ses produits bio, contre 0,9 % pour l'écolabel européen).
Je vous conseille de parcourir le guide OGM de Greenpeace sur http://guide-ogm.greenpeace.fr/ pour plus de détails sur les produits
OGM.
Ainsi est né le 12 avril 2010 le label Bio Cohérence et est apparu sur les produits dès 2011.
Créé par les professionnels de l’agriculture eux-mêmes (Fédération Nationale d'Agriculture Biologique, Biocoop, Biomonde, PrioNatura, les éleveurs bio de France...) et géré par et pour les
acteurs de la filière (producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs et organismes gestionnaires de marques), le cahier des charges de Bio Cohérence va plus loin que les exigences du
label bio actuel pour une agriculture biologique qui justifie cette appellation.
Ce nouveau label nourrit tout de même la confusion auprès du consommateur !
Entre labels officiels, labels privés, auto déclarations, allégations... le consommateur doit désormais sortir son dictionnaire pour mieux comprendre les produits qu’il achète. Or à 58 secondes
en moyenne passées par rayon, soit au mieux 10 secondes pour chaque produit, l’acte d’achat s'approche alors de l'instinctif !
On se dirige de plus en plus vers une bio à deux vitesses, entre une bio privée (travail collectif issu de la culture militantiste du mouvement bio, entre autres, français)
et une bio industrielle intensive vendue principalement en grande distribution qui voit dans cette forme de bio une opportunité économique en distribuant des produits
labellisés bio européen sans leur imposer de contrôles supplémentaires.
Cette opportunité économique grandissante dans la grande distribution va jusqu'à lui faire créer des sites dédiés à leurs produits bio pour afficher leur "sensibilité" bio.
Pour exemple, parcourez le site www.carrefouraimelebio.com.
A noter que la grande distribution propose au consommateur final des produits bio moins chers que dans les magasins spécialistes du bio puisque leurs produits bénéficient, entre
autres, des subventions européennes alors que les labels privés y échappent.
Par ailleurs, la grande distribution joue parfois sur les dénominations et les labels pour proposer au consommateur des produits bio non originaires de la CE et pourtant étoilés
d'organismes certificateurs (comme Ecocert).
Je vous conseille de lire l'article "produits bio quelle qualité ?" issu du "Que Choisir" de juin 2010 (numéro 482) qui détaille très précisément tout ceci et, après comparatifs, conclut
que "la supériorité du bio ne saute pas aux yeux...alors que le (différentiel de) prix (explose)".
Face à ces constats, le consommateur devient de plus en plus craintif, doutant de la réelle qualité des produits bio (et de l'impact dans son budget). D'autant plus que, selon une enquête de la revue professionnelle "Linéaires" (citée dans 60 Millions de Consommateurs, décembre 2011, numéro 466), le bio des grandes surfaces reste en moyenne 58% plus cher que les produits conventionnels. Du au phénomène de "généralisation" de cette forme de bio industrielle, ce pourcentage est en baisse par rapport aux années précédentes (72% en 2009).
Quelles sont donc les options pour manger des produits de "qualité" bio (ou pas) ?
- Les "AMAP", à savoir les Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne. Il s'agit d'un réseau de proximité visant à mettre en relation les producteurs locaux et les
consommateurs. Chaque consommateur doit adhérer à une association, à savoir régler une cotisation annuelle (en moyenne 15 euros) et prépayer les paniers hebdomadaires de fruits
et légumes de saison (voire produits laitiers ou autres).
Voici un lien qui répertorie les fruits et légumes de saison http://www.fraichattitude.com/assets/files/calendrier_basse_def_4.pdf
Pour ma part, les "points noir" de cette option sont d'une part, la contrainte de respect du jour et de l'heure de retrait du panier (aucun panier remboursé en cas
d'absence) d'autre part, le paiement à l'avance de la production à venir d'un producteur avec le risque (en cas de sinistre) de n'obtenir aucun produit et enfin un prix global payé
tout de même important (cependant, nous sommes dans ce cas dans un esprit associatif et non lucratif !).
Pour plus de détails, je vous renvoie vers le site web officiel (www.reseau-amap.org pour le réseau national et http://www.amap-idf.org pour le réseau Ile de France) et vers l'article "Mangez frais et local en créant votre AMAP" issu du magazine "Ca m'interesse" Hors
Série de mai-juin 2011.
- Les "ruches", nouveau concept proche des AMAP (à savoir "sur le principe de la vente directe, du producteur au consommateur, du champ à la fourchette"), moins contraignant car
sans abonnement et sans engagement.
Pour plus d'information ou pour toute inscription, allez sur le site web http://www.laruchequiditoui.fr
- L'achat de produits bio dans des boutiques (ou associations) spécialisées. La référence étant le réseau de magasins Biocoop.
Pour plus de détails, parcourez leur site via http://www.biocoop.fr/
- L'achat par correspondance de produits bio (ou non) issus de producteurs locaux. Certains proposant même des frais de ports gratuits (à partir d'un faible montant de
commande).
Sans chercher à être exhaustive (puisque dépendant de votre lieu d'habitation) mais qualitatif, je vous conseille les sites http://www.mon-panier-de-campagne.fr/, http://www.tousprimeurs.com, http://www.lepanierdecheznous.fr/, http://www.le-bon-comptoir.com/ ou (mon préféré) http://www.coteprimeurs.com/
- L'achat de produit bio auprès de ventes privées.
Un nouveau site (http://www.leclubdubio.com/mag/fr/restricted_00.php?vip) vient d'apparaitre avec des remises pouvant
atteindre les 80%.
- Enfin, bien évidemment, l'achat de produits sains (bio ou pas bio) directement auprès du producteur. Je vous fournirai dans les prochains billets de bonnes
adresses (miel, ...).
En synthèse, il existe de nombreuses alternatives pour acheter et se nourrir le plus sainement possible (selon le budget et la disponibilité de chacun).
Je terminerai ce billet en rappelant que le bio n'a toujours pas su "profiter" de son impact positif sur le consommateur pour le sensibiliser sur l'impact écologique des produits et
emballages.
A ce titre, je tiens à citer une bonne action du gouvernement qui souhaite recueillir d'ici le 1er juillet 2012 le point de vue des consommateurs sur la forme des futures
étiquettes et la nature des informations y figurant via une consultation publique ouverte sur http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/experimentation-sur-l-affichage-environnemental-1
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